Le procès du transhumanisme

Imaginé par le cabinet d’avocats HAAS et ayant pris place dans la première chambre de la cour d’appel de Paris, le procès fictif du transhumanisme part d’un scénario futuriste et transhumaniste à partir duquel vont débattre accusés et partie civile afin de soulever de nombreuses questions éthiques, philosophiques mais surtout juridiques.

En 2039, les forces de l’ordre et certains citoyens volontaires sont dotés d’une e-cornée (un œil bionique) qui dispose de fonctionnalités de géolocalisation, vidéo, identification, réalité augmentée… et qui a permis entre autres d’augmenter le taux d’élucidation des infractions pénales (les Citoyens Vigilants Volontaires ont accepté de partager leur vision avec les forces de l’ordre en temps réel, tandis que la police a été obligée de porter l’e-cornée dans le cadre de la loi de transhumanisation des forces de l’ordre).

Un groupe de hackeurs bio-résistant décide de montrer les dangers liés à cette technologie et pirate le système relié au ministère de l’Intérieur. De là, certains porteurs de l’e-cornée sont victimes d’hallucinations voire perdent la vue.

La partie civile est représentée dans le procès par les bio-progressistes, les accusés sont les bio-résistants et certaines victimes viennent témoigner.

Les arguments de la partie civile 

  • Le transhumanisme contribue à l’égalité dans la société (davantage de justice, possibilité de réparer les inégalités naturelles entre les hommes).
  • L’évolution de l’homme doit passer par là, comme l’homme a évolué de Neandertal à aujourd’hui, le transhumain est une phase de transition nécessaire dans le développement humain.
  • L’état n’a pas le pouvoir d’empêcher l’homme de s’augmenter (problème international).

Les arguments de la défense 

  • Risques liés aux inégalités (chantage au licenciement qui soulève des questions économiques : un employeur va sûrement préférer un humain augmenté à un humain classique).
  • Inégalités accentuées (seuls 3,5 millions de Français, les plus riches, pourraient se payer de telles améliorations).
  • Question de responsabilité des objets connectés (un objet implanté dans le corps fait-il vraiment partie du corps ?),  perte d’autonomie morale et questions de responsabilité.
  • Dérives totalitaires : les quelques entreprises qui produisent ces technologies contrôlent la société.

Les questions soulevées durant le débat 

  • Création du droit de recours aux biotechnologies, qui ferait suite au droit à l‘autodétermination (article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme), cela relèverait donc du droit privé ce qui limiterait le rôle de l’état.
  • Nécessité d’un droit international pour encadrer le transhumanisme.
  • Coexistence des humains, humains augmentés, robots IA qui impose le besoin d’instaurer un cyber-code ; une cyber-police (prévenir les piratages qui sont des intrusions dans la vie privée).
  • A partir de quand un objet ou un matériel génétique cesse d’être une chose pour devenir une personne, par nature ou par destination ?

Les résultats 

  • La population est mitigée (vote en direct durant le procès retransmis en live, à peu près la moitié des votants est plutôt en faveur des hackers et l’autre moitié en défaveur ).
  • L’instrument bionique (implant / rétine) étant intimement lié au service de la personne, les policiers dotés d’une e-cornée sont donc soumis au régime des atteintes aux personnes (ce n’est plus une simple question de hacking mais bien une atteinte à la personne).
  • « Dictature du transhumanisme » (policière licenciée car elle a refusé l’implant).
  • L’avis des victimes : c’est tant la faute des hackers que du gouvernement qui a mis en place un système non sécurisé ; le droit à disposer de son corps n’a pas été respecté (policière licenciée).
  • Les hackers doivent dédommager les victimes mais aucune poursuite plus importante (prison…) n’est retenue contre eux, les avocats ayant jugé que les hallucinations ou la perte de vue étaient un accident et non pas le but recherché des hackers

L’opinion de Maître Haas, avocat du cabinet HAAS en charge de ce procès (entretien téléphonique, 14/01/2020) :

« Les avancées en terme de transhumanisme vont arriver très vite, elles vont dans le sens de la science. Il va y avoir de gros bonds, on ne va plus seulement avancer par petits pas (cf le vaccin) qui, mis bout à bout représenteront finalement une grande évolution, mais la science va faire des bonds énormes, comme c’est déjà le cas en Chine (cf He Jiankui condamné à 3 ans de prison pour avoir mis au monde des bébés génétiquement modifiés résistants au virus du SIDA). »

« Le transhumanisme, dans le futur, c’est des hommes qui se coupent le bras pour se faire greffer un nouveau bras plus performant. »

« Oui forcément au début il y aura des inégalités à cause des prix que cela va engendrer, mais au bout de quelques années il y aura une généralisation qui réduira ces écarts sociaux. »

Ce procès n’est basé que sur un des possibles scénarios que l’Homme pourrait connaître dans les années à venir. Dans la partie suivante nous allons explorer différents scénario auxquels nous pourrions être confronté.


Un petit mot des avocats ayant monté ce projet :


Sources

Le procès du transhumanisme, 2019 :

http://www.anthropotechnie.com/le-proces-du-transhumanisme-2/ https://www.proces-du-transhumanisme.com/scenario-paris

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