L'évolution technologique

Les premières interventions techniques chez l’homme n’ont, en premier lieu, pas eu l’intention de nous améliorer mais plutôt de nous réparer, notamment en soignant les handicaps et en réduisant les inégalités génétiques. Cependant récemment nos découvertes nous permettent d’aller au-delà de la simple réparation. Voyons comment cela pose problème à travers deux domaines de notre société.

Le sport

Les sportifs cherchent à améliorer leurs capacités physiques pour être toujours plus performants. Ceci passe par des exercices physiques naturels, par l’alimentation, mais cela peut aller jusqu’à la prise de substances dopantes qui permettent de repousser leurs capacités. Cette forme de dopage tend à être remplacée par des technologies différentes. On peut aujourd’hui créer des jambes bioniques. A titre d’exemple, l’athlète Oscar Pistorius a eu les deux jambes remplacées par ce dispositif suite à une amputation. Elles étaient spécialement conçues pour la course. Une polémique a éclaté quant à la performance de ses nouvelles jambes que certains jugeaient plus perfectionnées que des jambes naturelles. Il était devenu tellement imbattable dans le handisport que lorsqu’il a demandé au Comité International Olympique (CIO) s’il pouvait participer aux JO classiques de Londres en 2012 celui-ci a accepté. La polémique est morte après sa défaite en 1/2 finale du 400 mètres montrant que la technique n’était pas encore arrivée à surpasser le biologique.

Malgré tout, cet événement a eu le mérite de soulever des interrogations sur l’émergence de technologies dites « transhumaines » permettant de surpasser la condition physique naturelle dans le sport. En effet ne serait-il pas possible de voir émerger des cas de figure où des athlètes demanderaient une amputation afin de gagner au change et récupérer des membres plus performants que ceux qu’ils avaient naturellement ? La question revient donc à savoir comparer la performance de nos outils par rapport à celles propres à l’espèce humaine.

Ce genre de dérive risque de devenir monnaie courante dans le domaine du sport. D’autant que récemment nous avons remarqué avoir quasiment atteint les limites de ce qu’il est possible de réaliser avec nos corps biologiques. En effet de moins en moins de records sont battus car nous nous rapprochons de la meilleur performance qu’il nous est possible de réaliser. Le sport rentre dans le domaine du spectaculaire et chaque auditeur tient à voir la meilleur performance jamais réalisée. Un désintérêt croissant naît donc dans certains sports. Les technologies transhumaines viennent pallier ce problème en relançant simplement les performances. La culture du champion étant très prédominante dans notre société les athlètes sont donc susceptibles de faire le premier pas vers ces technologies. [1]



La santé

Les greffes d’organes humains nous semblent aujourd’hui trop communes pour parler de transhumanisme, d’autant que le but est de sauver des vies et non pas de les améliorer. Cependant, ces greffes étant miraculeuses pourquoi ne pas multiplier leur nombre, même si cela signifie recréer des organes complètement artificiels ? Nous connaissons déjà les cœurs artificiels par exemple. Avec la technologie des imprimantes 3D, les organes pourraient devenir aisés à fabriquer et les humains d’autant plus faciles à réparer. [2]

De ces organes artificiels naissent d’autres polémiques. Le cœur est considéré comme l’essence de la vie : sa réplique artificielle fait-elle toujours de l’Homme un humain ? On retrouve cette interrogation avec la stimulation cérébrale profonde qui est une méthode consistant à implanter chirurgicalement dans le cerveau des électrodes, connectées à un boîtier mis en place sous la peau et qui délivre un courant électrique de faible intensité. Il permet de contrôler les symptômes de maladies neurologiques comme celle de Parkinson par exemple.  Cette technologie permet de réparer les inégalités face aux handicaps et maladies. Cependant, elle est applicable dans des situations non médicales où le but serait tout simplement d’augmenter les capacités cognitives de l’Homme. Une telle atteinte au cerveau, censé être le réceptacle de notre esprit, pose de fortes interrogations sur l’intégrité psychique d’une personne bénéficiant de ce boost cognitif. [3]

Depuis quelques années, la recherche a également fait des progrès dans la génétique. La méthode CRISPR-Cas9 consiste, en observant la répétition dans l’ADN de familles de séquence de gènes, à remplacer des fragments d’ADN par une autre séquence à l’aide d’une sorte de ciseau biologique. En 2018 a ainsi eu lieu la modification du génome au stade embryonnaire de jumeaux chinois pour qu’ils soient résistants au VIH.

La mise en pratique de la technique montre que cela permet de traiter des patients atteints de maladies génétiques. Toutefois, cela permettrait aux parents de mettre au monde des enfants à la carte. De plus, ces modifications affectent héréditairement ces enfants et donc leur descendance également. Cela pose un problème d’éthique. [4]

En résumé

Les polémiques sur le transhumanisme ne sont donc pas que des réflexions hypothétiques, mais contemporaines.

Nos technologies ne font que s’améliorer et cela n’est pas prêt de s’arrêter en particulier avec notre modèle capitaliste. De ce fait, la controverse sur le transhumanisme s’intensifie en même temps que le progrès. Par exemple le soutien de Google pour le transhumanisme pose des questions sur sa capacité hypothétique à contrôler notre corps vu l’usage que cette entreprise a déjà de nos données personnelles.

Dans les années à venir les technologies envisageables sont de l’ordre de la science-fiction. Nanorobots, augmentation physique via la génétique, exosquelette et bien d’autres encore verront probablement le jour.

Nous vous proposons de faire un focus sur une de ces technologies dont la probabilité d’apparition est très forte. Nous l’avons mentionnée plus tôt dans les origines du transhumanisme, il s’agit de la « singularité ». Découvrons ce qu’elle impliquerait dans notre société et d’où elle vient.


Sources

[1]Scientificamerican, Les limites du corps humain, 2019, https://www.scientificamerican.com/article/have-we-reached-the-athletic-limits-of-the-human-body/

[2] Le Monde, Impression 3D d’organes humains, 2019, https://www.lemonde.fr/festival/article/2014/07/03/l-impression-3d-d-organes-humains-bientot-possible_4450586_4415198.html

[3] Institut des neurosciences cliniques de Rennes, Stimulation cérébrale profonde, 2019, https://www.incr.fr/operation-de-stimulation-cerebrale-profonde-information-du-patient/

[4] Kurzgesagt – In a Nutshell, Designer Babies, https://www.youtube.com/watch?v=jAhjPd4uNFY&t=9s

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